Doytcheva, l’élégante extravagance

Rencontré lors de l’Unlimited Festival, évènement regroupant différents artistes techno, Doytcheva nous a tout d’abord séduites de par sa créativité mais également sa personnalité. C’est alors sa capacité à nous surprendre, à nous étonner avec une musique à la fois élégante mais toute en extravagance qui nous a poussé à aller à sa rencontre. Cheveux ébouriffés, look sophistiqué et sourire aux lèvres, difficile de ne pas le remarquer déambulant dans les rues de Chamonix, sa ville d’origine. Tout jeune compositeur, il apporte réellement quelque chose de nouveau, des harmonies fraiches et modernes qui, une fois passées entre ses mains, forment un ensemble limpide. C’est alors Doytcheva et sa musique que nous sommes heureuses de vous faire découvrir sur Las Primas & Co.

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Si Doytcheva a commencé la musique, c’est avant tout par « la voie classique ». Cours de guitare sèche dès ses 10 ans, guitare électrique à 14 ans, un peu de piano jazz et classique, il ne découvre la composition électronique que très tard. « Mes amis ont mûri musicalement plus précocement que moi et ils m’ont alors apporté une musique plus minimaliste, plus électronique. Le changement s’est opéré doucement car je ne connaissais pas trop cette manière de composer. Puis un jour je me suis retrouvé à regarder Abletone et je me suis lancé sans vraiment savoir où tout cela allait me mener. L’aventure a commencé ce jour là. »

Alors peu convaincu par l’alliance entre la guitare et la musique électronique, il revient finalement vers le piano aujourd’hui très présent dans ses compositions. « Je n’arrivais pas à caler la guitare dans mes compositions, ça ne sonnait pas comme je le voulais. J’ai alors pensé au piano car j’ai toujours adoré le son du piano classique. Un contrôleur me permet de simuler le son d’un vrai piano et d’apporter les nuances nécessaires. En tout honnêteté j’ai un niveau très faible en piano mais grâce aux logiciels, on peut faire des merveilles ! ».

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Au fil des morceaux Doytcheva est donc parvenu à construire son style que l’on pourrait qualifier d’expérimental et jazz. En effet, on retrouve dans ses compositions une certaine finesse dans les sonorités. Tout est choisi et harmonisé avec goût, donnant à sa musique une allure sophistiquée mais pas commune pour autant. Doytcheva insiste justement sur l’aspect inattendu et électronique de sa musique, lui permettant de faire la distinction entre ses créations et la musique lounge « Dans la musique lounge on considère que la musique est un fond mais moi ça m’énerve. Je ne fais pas de la musique meuble. Soit ma musique dérange et est pénible pour l’auditoire soit elle est aimée et dans ces cas là elle provoque une émotion intense. Que l’on aime ou que l’on n’aime pas ce que je fais, je pense que ce que je fais s’écoute dans tous les cas car c’est inattendu et différent et c’est ce qui est le plus important pour moi. »

Mais trouver son style, sa manière de composer et ses propres sonorités est un processus très long. Doytcheva n’a rien sauvegardé pendant près de 6 mois jugeant ses compositions « décevantes mais ludiques «  car lui permettant tout de même de faire des essais et de construire quelque chose qui devînt à terme plus concret. Aujourd’hui, son SoundCloud compte plus de 40 morceaux dont Holiday, sa première composition. Réalisée en 2013, le morceaux composé avec un son de spacedrum et de synthé’ n’est cependant pas celui qu’il jugerait comme le plus satisfaisant techniquement. « Celui qui pour le moment me plait vraiment, c’est Doytcheva Partie I. Musicalement, il y a une parfaite harmonie entre la basse et les violons. J’étais en Australie, sur le campus de Sydney quand je l’ai composé. Je ne sais pas si le fait d’être dans cet environnement à changé quelque chose mais je pense que c’est tout simplement le fait d’avoir eu plus de temps pour développer ma musique qui fut bénéfique. »

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Après un séjour de six mois en Australie, un premier live à Coogee Beach et quelques escapades à Berlin, Doytcheva mixe aujourd’hui régulièrement à Chamonix et compte bien y rester un peu. « Sydney est une ville jeune, Berlin une ville riche d’histoire et très clichée dans le monde de la techno. Berlin c’est immense et musicalement il n’y a rien à dire car tout est là mais j’ai besoin de mixer à Chamonix. Ce que je trouve extraordinaire dans cette ville c’est qu’elle est toute petite mais au final tout le monde fini par passer par ici. C’est cosmopolite mais en même temps rassurant, c’est chez moi. Beaucoup disent qu’il faut partir à l’étranger pour réussir dans la musique mais à court terme Chamonix m’apporte encore beaucoup donc je vais rester, même si je suis conscient que le monde a encore beaucoup de choses à m’offrir. »
Et c’est dans sa ville d’origine qu’est d’ailleurs née une collaboration avec Tom R. : la page Facebook  Je te déteste . « C’est purement conceptuel. On part tous les deux d’une même chose et on va ensuite créer chacun une introduction musicale que l’on publie sur la page. On aimerait montrer que tout peut être mis en musique, une image, des lettres, une pensée… On laisse libre cours à notre imagination et on voit ce que ça va donner. Cette page peut être à terme une ressource incroyable. »

D’ailleurs, Doytcheva ne pose aucune limite à sa créativité et ne s’arrête pas à la musique. Véritable touche à tout, il s’inspire également des autres disciplines artistiques pour composer car à son sens « tout se complète et interagis ». « J’écris, je lis, je fais de la musique, je fais de la photo, j’écoute de l’opéra et du classique, je vais voir des expositions mais je ne suis véritablement professionnel dans aucune discipline. J’essaye alors simplement d’être moi-même, avec ce que je fais de mieux pour l’instant : de la musique électronique mais en partant toujours de mélodies et d’instruments classiques car j’en suis fou. » Amateur de poésie, il a d’ailleurs mis en musique The Laughing Heart de Charles Bukowski, une composition totalement en adéquation avec sa volonté d’interaction entre les arts puisque « ce qui rapproche et permet la fusion entre la poésie et la musique, c’est le rythme. Reste à trouver lequel est le plus propice à les sublimer ».

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Finalement, Doytcheva c’est l’élégance certes musicale mais aussi intellectuelle. Talentueux, il n’en reste pas moins humble et sincère, livrant ses émotions au travers de sa musique et de son amour pour les arts. « Dès fois, tu regardes un tableau, écoute un morceau ou lis un livre par pur hasard et tu ressens les émotions si bien que tu as envie d’y être. En lisant Au Secours Pardon de Beigbeder, j’ai eu envie de rencontrer la femme sublime qu’est Lena Doytcheva. Tant la description était parfaite, je suis tombé totalement amoureux de cette fille qui n’existait pas. J’ai décidé d’adopter son nom ». Ainsi, Jacques Brel définissait le talent par l’envie. Je pense que cette envie, Doytcheva l’a, une envie de liberté, de création, de plaisir et de partage alors il ne vous reste plus qu’à découvrir son immense talent en écoutant son travail.

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SoundCloud de Doytcheva

Instagram 

Je te déteste

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